Le rôle des relations médias dans la transition maritime
Les relations médias ne servent pas seulement à rendre visible la transition maritime. Elles contribuent à la rendre compréhensible, crédible et mobilisatrice, à condition de s’inscrire dans une démarche de dialogue et de confiance.
La transition maritime est souvent abordée sous l’angle de la technologie : électrification, nouveaux carburants, rétrofit, hydrogène, éolien en mer, optimisation des navires ou adaptation des infrastructures. Ces innovations sont indispensables, mais elles ne suffisent pas à transformer un modèle.
Pour changer d’échelle, les projets doivent convaincre, associer et coordonner une multitude d’acteurs. Dans ce contexte, la confiance devient une infrastructure aussi importante qu’un quai ou un réseau énergétique. La transition maritime a besoin de communication. Une communication qui ne se contente pas de promouvoir : une communication qui explique, écoute et relie. Autrement dit, la transition maritime ne pourra changer d’échelle que si elle est rendue compréhensible, crédible et partageable.
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Parfois, il y a des rencontres qui font que la personne en face de nous arrive exactement à retranscrire ce que l’on pense et ce pourquoi nous avons choisi une trajectoire plutôt qu’une autre. C’est au cœur de mon métier : écouter, comprendre, reformuler et faire émerger un récit juste, capable d’être compris par différents publics.
Pourtant, l’accroche de cet article m’est venue de Cesar Harada, inventeur franco-japonais.
En tant qu’intervenant de la 5e édition du Nautik Deiz, organisé par la Région Bretagne à Lannion, il raconte que, depuis son enfance, il a un lien viscéral avec l’élément eau, rappelle que la Terre en est composée à 70 % et que, pour cette simple raison, l’activité maritime a une responsabilité particulière dans la transformation de nos modèles.
J’ajouterai que dans cette perspective, tout est une question de position, de perception, de projection et de confiance.
Pour un acteur du nautisme, les enjeux de la transition maritime ne seront pas les mêmes que pour une personne de l’agence bretonne de la biodiversité.
Dans le premier cas, la transition peut d’abord concerner la conception des bateaux, les matériaux, la consommation énergétique ou l’évolution des usages. En ce qui concerne la personne travaillant sur la biodiversité, elle renverra davantage aux impacts sur les milieux, à la connaissance scientifique et à la préservation des écosystèmes.
Ces points de vue ne sont pas identiques. Ils ne sont pas nécessairement contradictoires non plus. Ils expriment des positions, des responsabilités et des projections différentes autour d’un même enjeu : agir autrement pour préserver la mer et les territoires qui en dépendent.
C’est précisément là que mon expérience peut faire la différence.
Comment permettre l’expression et la rencontre de différents points de vue, comprendre les tenants et aboutissants d’une problématique, pour la dépasser et en arriver au partage d’un intérêt commun ? En sensibilisant, en informant et en mobilisant. En ouvrant le dialogue. En apportant les éléments nécessaires à la compréhension du débat.
Pour exemple, même si l’État a décidé de favoriser le développement des énergies marines renouvelables (éolien en mer, objectif français de 18 GW en service en 2035 pour contribuer à la neutralité carbone en 2050 – Ministère de la Mer), la technologie est loin d’être acceptée par toutes les parties prenantes, en particulier les habitants du territoire. À tort ou à raison, là n’est pas le sujet.
Une idée de départ peut être bonne et bien plus bénéfique qu’une autre sur un espace donné. Si elle ne permet pas un dialogue suffisamment clair avec les parties prenantes, elle risque de ralentir, de se fragiliser ou de perdre une partie de sa légitimité.
Comment les relations médias peuvent-elles accompagner cette dynamique de
changement ? Quel peut être leur rôle ?
Les relations médias sont ici utiles parce qu’elles ne servent pas uniquement à rendre les projets visibles ; elles peuvent contribuer à les rendre compréhensibles, crédibles et mobilisateurs. Elles peuvent permettre de faire émerger les preuves nécessaires à la compréhension du sujet, de donner à entendre les voix concernées et de créer les conditions d’un débat mieux informé. Elles ne remplacent ni la concertation ni le dialogue direct. Elles
participent cependant à mettre les sujets en perspective et à rendre visibles, aussi, les étapes essentielles de maturation d’un projet.
Sensibiliser, informer, mobiliser : ces trois verbes ne désignent pas trois étapes mécaniques.
Ils forment plutôt les conditions d’une transition mieux comprise et, donc, plus susceptible de rassembler. Pour autant, il est important d’avoir en tête qu’un même projet ne peut pas être présenté de manière identique à un élu, un salarié, un financeur, un journaliste, un riverain ou un partenaire industriel.
Pour accompagner ces changements, il ne suffira donc pas d’annoncer des objectifs.
Il faudra expliquer les trajectoires, présenter les preuves, reconnaître les incertitudes et créer les conditions d’un dialogue durable. C’est là que les relations médias peuvent dépasser leur fonction traditionnelle. Elles peuvent aider à faire passer un projet de la visibilité à la compréhension, puis de la compréhension à la mobilisation.
La communication devient alors un outil de mise en relation et de structuration de l’écosystème, et non une simple amplification de messages. Pour arriver à ce résultat, elle ne doit pas intervenir seulement au moment de l’annonce ou de la recherche de visibilité. Elle doit contribuer à construire les conditions de coopération du projet bien en amont.
Un projet maritime ne réussit pas uniquement parce que sa technologie est pertinente ou que son financement est sécurisé. Il réussit lorsque les acteurs concernés comprennent sa finalité, jugent ses porteurs crédibles et trouvent une place concrète dans sa mise en œuvre.
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